J’aurais jamais pensé que cette vérité-là soit présente à un tel point que je n’aie pas le choix de me l’avouer à moi-même. Je l’ai toujours su, j’ai toujours su que c’était là et que ça prenait une petite partie de moi. Maintenant, il s’agit de ce que je suis. Du moins, c’est ça que les gens pensent. Ils pensent qu’on peut décrire quelqu’un avec un si petit et vide de sens qualificatif. Je n’ai pourtant pas l’impression que je suis de ces gens qui sont qui ils sont à cause d’un de leurs traits. On ne m’a pas donné le choix. Je ne dis pas que si j’avais eu l’opportunité de choisir, je l’aurais prise, par contre. Plus j’avance et plus je comprends. Plus je comprends, je trouve ça beau. Je commence même à me trouver rationnelle et j’ai l’impression que vraiment, pour la première fois, je vis quelque chose pleinement. Je me contredirai en disant que c’est un secret. Je ne veux pas que les gens soient au courant nécessairement. C’est un secret parce que je trouve que le mettre en mots brise toute la magie. Je n’ai pas besoin de vivre les choses comme un spectacle pour trouver que j’en profite. C’est sûr que j’aimerais être sous les lumières un peu plus souvent, j’aimerais n’être pas gênée par ces lumières-là et par ce secret-là. Je dois l’avouer. Ce n’est pas un secret simplement parce que je trouve ça magique. C’en est un car c’est un peu trop gros pour qui je suis. C’est un peu trop vivant pour mon amorphie. J’espère que mon secret n’est pas chronique. Il ne dépend pas de moi. J’en ferai quelque chose de plus grand lorsque je serai prête à courir…parce que j’ai trop de choses à te dire.
Ces choses-là, je peux me permettre de les écrire. S’il y a bien une personne qui sait à quel point j’ai besoin de les écrire, c’est toi. Et c’est parfait puisque tu ne les lis pas. Je voudrais te dire trop de choses. Des mots que je ne connais même pas…d’autres que je n’ai jamais dits. Des mots auxquels je ne m’étais jamais identifiée avant de te rencontrer. D’autres desquels je puise mon inspiration innocente depuis un bon moment. Des mots épeurants.
Mais je vais me contenter de te dire tout simplement que je m’acoquine de toi toujours plus, lentement. De tes petites manies…de ta voix. Même de ton corps. Je dis ‘’même’’ car dans toute ma pudeur, je n’aurais pas pensé pouvoir m’acoquiner d’un corps. Mais le tiens m’est inconnu et il m’est intriguant. J’ai envie de découvrir. Ça me répugne un peu de le dire comme ça, mais je te promets que je le dis de la façon la plus blanche possible. J’essaie de le dire intelligemment, car c’est vraiment comme ça que je le conçois. Je n’ai aucune idée malsaine ni désagréable à t’avouer. Je n’ai même rien à te cacher. Simplement un petit surplus d’amour que je n’arrive pas à te démontrer. Depuis que j’ai réalisé que tu étais dans ma tête et dans mon cœur de façon démesurée, je vis mieux. Je vis mieux parce que tu m’apprends à vivre. Inconsciemment, j’essaie de t’imiter. Je n’ai jamais connu quelqu’un qui m’a amené si loin, quelqu’un qui a cru autant en moi. Je ne me jamais sentie si appréciée. J’aurais envie de te dire merci. Parce que je sais que je ne te rends pas ce que je devrais te rendre au fond. Mais j’ai quand même l’impression que tu crois que je t’aime beaucoup. Et tu as raison. J’aimerais par contre que tu voies à quel point je t’aime beaucoup. J’aimerais que tu comprennes le sens de toute mon affection pour toi, car elle est singulière et n’a jamais même existé dans mon petit cœur troublé. Quand je suis logique, je me dis que je devrais arrêter de croire autant en nous deux. Je me dis que je me fais mal et qu’il faut que j’arrête, parce que je ne veux pas briser le petit bout de chemin que nous avons déjà fait. Mais des fois je mets de côté les calculs mathématiques et j’espère un peu. Je prends le temps de rêver. Je nous imagine et je trouve ça parfait. Je me dis que ça serait beau, simple. Et le pire c’est que je n’idéalise même pas. Je fais juste imaginer ce que ce serait, le plus sobrement possible. Ce que je vois est parfait. Je me rends compte que c’est vraiment ce que je voudrais. C’est épeurant un peu, mais ça fait du bien d’y croire.