J’ai brisé le marbre parce qu’il m’achalait,
J’ai tout émietté et j’ai passé le balai.
J’ai soutenu de tout mon corps les craquements éparpillés
Et j’étais essoufflée, j’agonisais presque, mais je suis restée
Parce que les craquements m’appartenaient ;
Ce n’était pas la première plaie que je voyais.
J’ai sauté l’étage où on a des regrets,
J’avance, je nage même si ça m’effraie
Parce que de toute façon, j’ai gaspillé du temps
En gardant l’étoile et en l’étalant.
J’essaie de suivre un courant qui se fait petit
C’est drôle de dire qu’il grandira avec le temps
Ça ne fait pas vraiment de sens à mon œil durcit
Je m’y habituerai, ou l’oublierai simplement…
J’essuie doucement les vestiges du marbre cassé
J’en revois et en ressens quelques petits souvenirs
C’est embêtant de se sentir obligée de sourire
Parce que je n’ai jamais autorisé mon cœur à se briser
Mon cœur n’aime jamais pour vrai
Il ne fait que battre
Il a peut-être l’air d’un cœur qui se tait
Ne vous en faites pas ; mon cœur bat pour quatre
Mais le problème du marbre n’est pas encore réglé ;
Il en reste encore des poussières sur le plancher.
Pourtant, j’ai souvent essayé de nettoyer…
Je crois qu’il m’oblige à une vérité mieux encaissée.
Un jour, il gagnera sur moi
Je sais de toute façon qu’il est plus fort
Et si la vie est réellement comme je la vois
Il aura eu raison d’avoir cru que j’avais tort…
Mais je ne mourrai pas ; il m’aura simplement battue
Un petit duel dans une cours arrière, comme des enfants
Simplement parce que comme tout le monde, je me serai tue
En restant dans le même sens que celui du vent.